ANALYSE STRATÉGIQUE | CMD BISSA KEMBETIA
By Administrator
Published on 28/01/2026 14:50
News

 

ANALYSE STRATÉGIQUE | CMD BISSA KEMBETIA

Nord-Kivu : la fragmentation du commandement n’est pas une erreur, c’est une faute lourde

La déclaration du lieutenant-général Constant Ndima Kongba, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, n’est pas une simple précision administrative faite à la barre d’un tribunal. Elle constitue un aveu grave, révélateur d’un système de guerre volontairement neutralisé de l’intérieur.

Affirmer n’avoir jamais été favorable à un commandement distinct des opérations militaires, tout en ayant accepté d’être réduit à un rôle politico-administratif, pose une question centrale :

qui avait intérêt à désarmer le gouvernorat militaire de son autorité opérationnelle ?

L’état de siège saboté de l’intérieur

Un gouverneur militaire sans commandement opérationnel est une aberration stratégique. L’état de siège repose sur un principe simple et non négociable : un seul chef, une seule vision, une seule chaîne de commandement. En juillet 2022, ce principe a été sciemment violé.

En retirant au gouverneur militaire le contrôle des opérations pour le confier à des commandements successifs et parallèles, l’État-major a transformé l’état de siège en théâtre administratif, pendant que la guerre réelle continuait sur le terrain.

Ce n’est plus une erreur. C’est une faute stratégique lourde, aux conséquences mortelles.

La vérité que l’on refuse de dire : l’infiltration

Dans toute armée sérieuse, la fragmentation du commandement est le terrain de prédilection de l’infiltration. Ce n’est pas une hypothèse, c’est une règle de guerre.

Quand :

les ordres viennent de plusieurs centres,

les responsabilités sont diluées,

les commandants se succèdent sans continuité,

l’ennemi n’a même plus besoin d’attaquer : il observe, infiltre, manipule.

Le Nord-Kivu n’est pas infiltré par hasard. Il l’est parce que le système de commandement l’a permis.

Une armée désorientée, un ennemi avantagé

Les généraux se remplacent, les télégrammes se contredisent, les opérations changent de nom, mais sur le terrain :les positions tombent,les troupes doutent,

la population perd confiance.

Pendant ce temps, les réseaux ennemis, eux, restent stables, coordonnés et informés.

 Une armée sans unité de commandement combat à l’aveugle.

La responsabilité ne peut plus être diluée

On ne peut pas continuer à masquer l’échec derrière des réorganisations techniques.

On ne peut pas prétendre combattre une guerre asymétrique avec des structures administratives.

 

La vérité est brutale :

la guerre à l’Est est en partie perdue non pas par manque de soldats, mais par excès de compromissions, de calculs politiques et d’infiltrations internes.

Ce qu’il faut dire clairement

Un gouverneur militaire sans autorité opérationnelle est un leurre.

Un commandement éclaté est une porte ouverte à l’ennemi.

Une armée infiltrée ne se réforme pas par des discours, mais par des décisions radicales.

La guerre exige de la clarté, du courage et de la discipline. Tout le reste est du camouflage.

Conclusion sans détour

Tant que l’État congolais refusera d’affronter la question de l’infiltration au cœur même de son dispositif militaire, aucune victoire durable n’est possible.

La guerre ne se gagne pas avec des demi-mesures. Elle se gagne avec un commandement fort, centralisé et assumé, ou elle se perd dans le chaos organisé.

 

✍️ CMD BISSA KEMBETIA

Ordre – Discipline – Justice

 

 

 

Comments

Chat Online