Muhoozi Kainerugaba, l’Ouganda et le M23 : quand les tweets confirment ce que l’Afrique savait déjà
By Administrator
Published on 31/01/2026 05:17
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Muhoozi Kainerugaba, l’Ouganda et le M23 : quand les tweets confirment ce que l’Afrique savait déjà

Depuis plusieurs années, le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président ougandais Yoweri Museveni, ne se contente plus d’être un officier supérieur : il agit comme un acteur politique régional incontrôlé.

Ses déclarations répétées sur les réseaux sociaux, souvent belliqueuses et provocatrices, ne sont pas de simples “dérapages”. Elles révèlent une ligne idéologique et stratégique dangereuse.

À plusieurs reprises, Muhoozi Kainerugaba a exprimé un soutien explicite ou implicite au M23, un mouvement rebelle responsable de crimes graves en République démocratique du Congo. Ces prises de position ne peuvent être dissociées d’un fait majeur et documenté :

le M23 est entré à Bunagana en passant par le territoire ougandais.

Bunagana n’est pas un détail géographique. C’est une porte stratégique, et son occupation n’aurait jamais été possible sans complaisance, passivité ou coopération régionale. Les tweets de Muhoozi viennent donc confirmer politiquement ce que les faits militaires suggéraient déjà.

En tentant aujourd’hui de supprimer ses messages et de présenter des excuses tardives aux États-Unis, le chef des forces armées ougandaises montre surtout une chose :

il parle quand il se croit intouchable,

il recule quand les sanctions deviennent possibles.

La réaction ferme de la Commission des relations étrangères du Sénat américain n’est pas anodine. Elle marque un tournant : Washington commence à comprendre que l’instabilité dans les Grands Lacs n’est pas un accident, mais le résultat de choix politiques assumés par certains régimes alliés.

L’Ouganda ne peut pas, d’un côté, se présenter comme partenaire sécuritaire de l’Occident, et de l’autre, laisser son chef militaire — fils du président — légitimer ou encourager un groupe rebelle responsable de massacres en RDC.

Ce qui est en jeu aujourd’hui dépasse les tweets d’un général :

c’est la crédibilité de l’État ougandais,

la sécurité de l’est du Congo,

et la fin de l’hypocrisie diplomatique dans la région des Grands Lacs.

L’histoire retiendra une chose simple :

les armes sont entrées à Bunagana par l’Ouganda, et les mots l’ont confirmé sur X.

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